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Un amphithéatre de verdure...

Au nord, le massif du Coiron et ses terres volcaniques. Injustement méconnu, ce petit massif, orienté est-ouest, perpendiculairement à la vallée du Rhône, n'en constitue pas moins une barrière physique et climatique déterminante. Certains disent qu'elle correspond à "la limite nord de l'olivier" puisque c'est en quelque sorte sur son versant sud que vient mourir l'Ardèche méridionale, "l'Ardèche des cigales"... et avec elle un peu de Provence.

A l'est, les coteaux de Mirabel ou plutôt "les coteaux de Montfleury", chers à Olivier de Serres. C'est sur ces coteaux qu'il a développé la culture de l'amandier et du murier. C'est au pied qu'est située sa ferme, le fameux "Domaine du Pradel".

A l'ouest, la montagne ardéchoise... majestueuse...

C'est dans cet amphithéâtre naturel, orienté plein sud, sur les terres de la plaine fertile de Lussas, que s'étendent nos vergers et que se situe notre ferme.

 

6 ha de vergers, 6 ha de vignes...

Derrière cette description bien trop réductrice, se cache une ferme à échelle humaine avec toute la complexité qui va avec: un chapelet de petites parcelles, un éventail de terroirs, une myriade d'expositions différentes.

Même si tous les terrains sont situés dans un rayon de 2 km autour de la ferme, il n'en reste pas moins que la propriété est très morcellée: la plupart des parcelles font 30 à 50 ares et les plus grandes sont de l'ordre de l'hectare.

Une multitude de terroirs: des "terres noires", jonchées d'alluvions basaltiques, idéales pour la culture de la vigne; les "terres blanches", profondes, argilo-calcaires, de la plaine de Lussas, idéales pour les cultures exigeantes telles celles des arbres à pépins (poiriers, pommiers); les terres d'alluvions de la vallée de l'Auzon, plus légères, qui se prêtent volontiers à la culture des arbres à noyaux (cerisiers, pruniers, pêchers...); les terres de coteaux, marno-calcaires, moins profondes , plus pauvres, souvent réservées aux cultures les moins exigeantes (cerisiers vignes...) mais qui bénéficient à contrario d'un meilleur ensoleillement.

 

"Un verger "à l'ancienne"...

C'est durant les deux dernières générations (Henri le grand père; Gérard et Régine, les père et mère) que la culture des fruits s'est développée. Pour situer, la plupart des vergers actuels de la ferme, ont été plantés au début des années 1960. Cet essor a été accompagné par la création d'une coopérative de vente et a été dopé par l'avènement de l'irrigation en 1979 (création d'un barrage). Ce mouvement a connu son apogée à la fin des années 80. Puis en 1992, la création du marché commun engendra la chute des prix et avec elle le déclin de la culture des fruits au profit de la vigne. En quelques années, le paysage a changé radicalement: les vergers ont été remplacés par les vignes. Se voyant proche de la retraite et ne pensant pas avoir de successeur, mon père lui a préféré conserver ses vieux arbres. Aussi, avons_nous hérité d'un verger "à l'ancienne". Quelle chance...

"A l'ancienne" car le verger a échappé au processus d'uniformisation en vogue, ces 20 dernières années. Il a été façonné par les générations qui nous ont précédés en s'appuyant sur les principes suivants:  "Ne jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier" et "veiller à adapter soigneusement type de culture et terroir". Ainsi, les productions ont été diversifiées au possible (cerises, prunes, poires, pommes, coings... chaque espèce étant déclinée en une vaste mosaïque de variétés) et nos ainés ont essayé de tirer le meilleur parti du large éventail de terroirs, situations, expositions qu'offrait la ferme en y adaptant les espèces adéquats. Au final le verger est un chapelet de cas particuliers, ce qui ne facilite pas le travail, mais qui lui confère une grande robustesse. L'exemple le plus frappant est celui du verger de cerisiers: les parcelles sont dispersées aux quatre coins de la commune (limite le risque en cas d'orage localisé de grêle), certaines en coteaux (craignent le vent mais moins les maladies et le gel), d'autres en bas-fonds (inversement), certaines en terres maigres (récolte moindre mais plus précoce), d'autres en terres profondes (inversement). Par ailleurs, sur chaque parcelle, plusieurs variétés sont mélangées. Ainsi, de par les différentes expositions et terrains, les récoltes s'étalent merveilleusement dans le temps et globalement résistent mieux aux différents aléas.

 

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles...

Après des études d'ingénieur et une petite dizaine d'années à exercer ce métier, c'est en 2004 que Patrice revient travailler à la ferme.

Les bases sont là, bien solides. Il suffit de s'appuyer dessus.

Tout d'abord le vieux verger existant. A l'heure où on voudrait nous faire croire que l'avenir de l'agriculture est dans l'uniformisation, ce genre de structure semble désuet. Pourtant, ces vieux arbres, cette diversité de terroirs, d'expositions, ces petites parcelles, la multitude des espèces et variétés sont un trésor pour qui rêve d'une agriculture à taille humaine. Ensuite, un véritable savoir faire familial: plus de quarante ans d'expérience dans la production de fruits pour Gérard, des hautes études de commerce pour Régine ("université de La Voulte sur Rhône"). Pour finir une nouvelle philosophie mise en place suite à la crise de l'agriculture fruitière et le début des années 90: privilégier la qualité à la quantité, privilégier le goût à l'apparence. Cela passe par cette agriculture de terroir et surtout par une cueillette des fruits à maturité. Avec comme corollaire, l'orientation vers des marchés sur lesquels ce travail est reconnu et valorisé donc les circuits courts ou la vente directe.

S'appuyer sur ces bases... mais tout en gardant la tête dans les étoiles. Donc plein d'envies, de projets.

    . continuer à diversifier les cultures avec de nouveaux fruits, nouvelles plantations (raisins de table, abricots, pêches, kakis, figues...) mais toujours en veillant à coller au terroir et à privilégier le goût.

    . continuer à s'orienter vers des marchés où nos fruits ne sont pas impersonnels et où le travail accompli est reconnu (developpement de la vente directe à la ferme mais aussi via internet sur Montpellier...).

   . s'orienter en douceur vers le bio. La transition est entamée. Elle est lente mais elle s'opère: fertilisation entièrement organique (fumiers, composts... - fini les engrais minéraux), désherbage mécanique (fini les désherbants chimiques), des nouveaux vergers en bio (non certifiées mais en adéquation avec le cahier des charges de l'agriculture biologique) (raisins de table, abricots...) et d'anciens que l'on commence à convertir (cerises...).

Autant de chantiers en cours... sur lesquels vous nous permettez d'avancer, chaque jour, par votre soutien et votre fidélité. Pour cela et pour tout le reste, Merci.